Des cas de diarrhée aigue, accompagnés de fièvre, abattement et baisse de production laitière ont été observés dans plusieurs départements de l’Est de la France (Grand-Est ; Rhone -Alpes ; Suisse).
Dans un premier temps, la diarrhée a été rapportée comme l’élément clinique majeur par les vétérinaires. Il est apparu qu’elle était sans doute l’un des éléments cliniques d’un syndrome marqué par un épisode fébrile de courte durée (quelques jours maximum) non systématique, d’une baisse temporaire mais souvent conséquente de la production laitière.
A l’absence de détection d’agent infectieux testés en 1ère intention par les laboratoires départementaux d’analyse, des échantillons biologiques ont été adressés à l’Ecole Vétérinaire de Toulouse. Les données issues du séquençage par métagénomique suggèrent la détection d’un Orthobunyavirus du sérogroupe Simbu apparenté au virus de Schmallenberg.
Ces virus infectent les ruminants et sont transmis principalement par des insectes du genre Culicoides. Chez les bovins adultes, ils peuvent provoquer un syndrome aigu généralement transitoire, associant fièvre, abattement et baisse de production. Leur principal impact sanitaire est toutefois lié aux infections survenant pendant la gestation, susceptibles d’entraîner des avortements ou des malformations congénitales.
L’élevage laitier semble fortement impacté, les fortes chaleurs de ces dernières semaines peuvent également rendre les animaux plus vulnérables aux pathogènes. Nous vous rappelons les mesures contre le stress thermique : l’accès à l’eau en quantité suffisante, à des zones ombragées et la mise en place de mesures de rafraîchissement appropriées si possible.
Ces virus se transmettent par les Culicoides, comme la FCO ou MHE. Nous rappelons que l’utilisation d’insecticides n’a pas d’efficacité à l’échelle troupeau. Avoir une bonne gestion des effluents, des litières et des zones de stockage dematière organique au plus près des animaux permet de limiter les habitats favorables à la ponte et au développement des Culicoides immatures et de réduire l’abondance des populations adultes.
A ce jour nous n’avons pas d’outil de diagnostic fiable abordable, la technique PCR est en cours d’élaboration à partir de séquences du génome publiées cette semaine.
Nous appelons les éleveurs à prendre contact avec leur vétérinaire si des bovins présentent une clinique similaire, comme pour tout passage viral entrainant des symptômes sur votre élevage. Il n’existe pas de médicament virucide. Il peut être nécessaire de traiter les symptômes sur les quelques bovins fortement impactés. Un apport d’oligo éléments et minéraux peut être nécessaire avec un épisode de déshydratation.
La question qui subsiste à ce jour est il y aura-t-il d’éventuelles malformations sur les veaux à naitre, comme nous avons pu le connaitre avec Schmallenberg.
Vous trouverez ci-dessous une fiche GDS France – SNGTV

